Si le Fondateur a certes assimilé les méthodes d’enseignement du Judo en général, il faut savoir qu’il est progressivement parvenu à suivre, dans une certaine mesure du moins, sa propre manière de concevoir l’apprentissage général du Judo.

Partant du principe que le niveau technique d’un Dojo se mesure à l’aulne des qualités de ses Uke, l’Ecole n’hésite pas à mettre l’accent sur le rôle de ce dernier, ainsi, entre autres aspects, sur la manière d’apprendre les diverses chutes connues habituellement, mais aussi sur la manière d’initier à certains angles de chutes beaucoup moins usuels.

Et sans qu’il soit possible d’en dire davantage ici (tant il est vrai que cette méthode attend d’être expérimentée), il est à noter que le processus original d’apprentissage, propre à l’Ecole, ne va pas sans être en étroit rapport avec l’attention particulière que celle-ci porte aux Sutemi : s’exercer aux Sutemi n’est-elle pas le meilleur moyen de s’accaparer les qualités propres aux chutes les plus diverses ?

Mais enfin il est un autre champ didactique qui attendait et méritait d’être exploré, celui du rapport qu’une technique exécutée au sol (ainsi en pleine sécurité, sans heurt ni crainte, avec une totale maîtrise de la vitesse !) peut avoir avec une technique exécutée debout ! C’est dans cette manière de transfert que réside probablement une autre caractéristique de notre méthode pédagogique, aujourd’hui pleinement aboutie !

(La méthode originale dont il est question ici fut l’un des thèmes que Bernard Wirz choisit pour l’un des Examens nécessaires à l’obtention du Diplôme de Professeur de Judo de la FSJ).
Comme cela a été dit, l’Ecole entend signifier un attachement particulier à l’aspect philosophique et psychologique de la pratique. Et si tel est le cas, cela ne va pas sans s’appuyer sur un enseignement dont la méthode est particulière.

Il se trouve ainsi que l’apport technique est toujours jumelé à un thème philosophique. L’aspect opératif se mêle sans cesse à quelque aspect spéculatif. La technique devient l’illustration de la réflexion qui la sous-tend, ou encore la réflexion n’est rien de moins que l’illustration de la technique elle-même.

Si cet entrelacs entre technique et philosophie a longtemps été cher à l’enseignement traditionnel japonais, on le sait, il est un autre point qui qualifie la pédagogie particulière de l’Ecole BDSK.

Selon elle, et au-delà de tous les bienfaits que l’opinion leur reconnaît, les Cours de Judo doivent toujours déboucher sur ce fait, lequel ne constitue rien de moins que le sens même de la pratique d’un Budo : la possibilité, en même temps que la faculté de transférer ce qui s’est passé dans le Dojo jusque dans les divers domaines de l’existence elle-même.

Pour donner ce seul exemple, nos derniers Cours portaient ainsi sur le rapport entre la contrainte et la liberté.

Du point de vue de Uke, le Judo peut en effet être défini comme l’imposition d’un ensemble de déterminations dont il s’agit de se défaire : une garde, une immobilisation au sol, entre bien d’autres exemples, sont des contraintes dont l’on doit parvenir à se soustraire.

Les qualités corporelles et mentales nécessaires à s’évader d’une situation imposée, une fois trouvées dans la pratique, attendent d’être transposées dans la vie en général (rapport à autrui, à la société : problématique de l’aliénation, par exemple). Trouver les solutions utiles à « sortir d’une immobilisation », c’est aussi bien prendre conscience du rapport très général que l’être humain entretient avec ce qui le contraint, l’enserre, « l’immobilise » en effet.

Réciproquement, mais du point de vue de Tori cette fois, l’étude des qualités nécessaires à l’imposition d’une garde, d’une immobilisation n’est-elle pas l’occasion de comprendre les meilleures manières de « tenir » un domaine, quel qu’il soit ? Et dès lors de se trouver au fait de ce qui convient pour tenter de maîtriser une situation au sein de l’existence elle-même ?
Pratiquant le Judo depuis 43 ans, le Fondateur de l’’Ecole BDSK s’est progressivement spécialisé dans un domaine particulier : celui des Sutemi Waza (les Techniques Sacrifices de Projection).

Si le Judo de Maître Kano présente maintes techniques de ce type, une étude approfondie du style de Nage Waza propre à des Maîtres comme Moshizuki ou Sugino ne manquent certes pas de venir enrichir ce domaine particulier.

En outre, le Judo actuel de Compétition recèle, lui aussi, maintes possibilités de perfectionner cet extraordinaire principe de projection : Flying Judo ; Judo de Koga ; application de l’esprit du Sutemi sur toutes les techniques, quelles qu’elles soient ; enchaînements debout-sol qui finissent par constituer de réelles techniques de Sutemi ! ; etc.)

L’Ecole BDSK, son Fondateur et ses Moniteurs envisagent en effet les Sutemi comme une spécificité technique qui leur tient à cœur, et dont ils entendent se faire les dignes représentants.

Ils pensent en outre avoir créé quelques techniques tout à fait originales…