La Création du Style BDSK

Si l’aspect traditionnel du maniement des Armes japonaises est certes essentiel à l’esprit de l’Ecole, cette dernière entend promouvoir ses propres Kata de Jô et d’Iaïdo, ses propres Echanges en Jô-Jutsu et en Ken-Jutsu, sa propre systémique de Ju-Jutsu, comme elle prétend aussi promouvoir sa propre pédagogie, son propre processus d’évolution, sa propre méthode d’évaluation, sa propre démarche philosophique et didactique : son propre « Style » !

En ce sens, l’Ecole se démarque de l’idée communément répandue qui veut que seules les Ecoles japonaises « classiques » puissent se trouver dignes d’être étudiées. Elle se démarque encore de cette idée, fort dommageable selon elle, qui veut que quelque création de quelque Style que ce soit ne puisse et ne doive voir le jour.

Cette manière de conception (probablement due à une oligarchie fort soucieuse de maintenir son pouvoir) qui n’hésite pas à figer la pratique martiale dans un cadre qui sclérose l’évolution du Budo, se révèle d’ailleurs en totale contradiction avec l’Histoire des Arts Martiaux japonais, lesquels, on le sait bien, ont sans cesse vu des Ecoles et des Styles se créer de toutes parts, et durant toutes les périodes de l’aventure guerrière nipponne.

Il n’est besoin que de citer le Judo pour s’apercevoir que la création d’une Ecole (Maître Kano n’est alors âgé que d’une vingtaine d’année !), est pensable, possible, hautement probant ; et cela même s’il faut en arriver à s’opposer vertement aux Instances en place, lesquelles, sous prétexte de « tradition » s’évertuent à nier l’évolution factuelle de celle-ci.

Quoi qu’il en soit, Bernard Wirz, Fondateur de Bodaïshinkan Ryu entend signifier que son Ecole est l’expression d’une Création, laquelle, s’appuyant sur les principes d’une pratique classique certes, n’en est pas moins originale pour autant.